[Test] Alien Isolation

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S’il y a bien une saga qui aura autant été portée aux gémonies que maltraitée sur tous les supports vidéos possibles, c’est Alien. Et plus les itérations se sont succédées, plus on sombrait dans le médiocre pour ne pas dire autre chose.

Cette fois-ci, c’était promis par The Creative Assembly/Sega : fini de blaster des vagues entières de xénomorphes aussi résistants que des coquilles de noix face à une sulfateuse de F14 Tomcat. Back to basics ! Seul. Vulnérable. Face à un être tout puissant, totalement dénué d’amour pour le genre humain. Si ce n’est pour en faire son quatre heures. Un seul mot d’ordre : la trouille au ventre.

Alien Isolation s’inscrit totalement dans la chronologie des films, tout en insérant un chaînon manquant inexistant mais tout à fait plausible. Ellen Ripley est portée disparue à la suite des événements du 8ème passager. La boîte noire du Nostromo est retrouvée et il n’en faut pas plus à son armateur, la Weyland-Yutani, pour envoyer une équipe à sa recherche. Vous en faites partie. Précision importante : vous êtes Amanda Ripley, la fille de.

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Un signe qui ne trompe pas sur le tournant voulu et pris pour cet opus : le jeu se lance et le générique de la 20th Century Fox résonne mais est paré de sa robe de scanlines à la mode 80s’. Ça paraît rien mais le trentenaire amoureux des 2 premiers épisodes de Ridley Scott et James Cameron est tout de suite « accroché ».

Il en faut quand même un peu plus aux vieux de la vieille pour se laisser si facilement amadouer. Pourtant la suite confirme tout de suite le retour aux sources du film de science fiction horrifique. On est loin des canons actuels de l’horreur vidéoludique puisqu’il ne s’agit pas de faire face à des hordes de zombies/mutants/rayez la mention inutile. Bien au contraire. Il n’y a qu’un seul vrai ennemi qui irrémédiablement aura votre peau : le xénomorphe.

Le jeu est un FPS tout ce qu’il y a de plus classique. Vous avancez dans les couloirs quasi déserts de la station Sebastopol, en ayant accès à de nouvelles zones, fonction des armes et/ou des outils trouvés au fil de vos pérégrinations. Relativement beau pour de la PS3, les personnages ont tendance à avoir des visages qui « transpirent à grosse goutte ». Plutôt étonnant comme bug graphique mais on peut parier sur le fait que le jeu a été optimisé pour les nouveaux supports et downgradé pour les versions inférieures. Mais rassurez-vous : rien de rédhibitoire.

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Pour en revenir au gameplay, parler d’avancer relève au mieux d’une hyperbole, au pire, d’un gros mensonge. Car autant, vous pourrez facilement courir sur les 2 premières heures de jeu, autant passée votre première rencontre avec l’alien, vous vous cantonnerez à raser les murs avec le détecteur de présence continuellement à la main.

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Et c’est là, la force d’Alien Isolation ! Certes, on sera confronté à des « synthétiques » ou des passagers hagards que l’on peut ou pas dézinguer. Mais vous aurez toujours intérêt à privilégier la manière douce, si vous voulez avancer dans l’aventure. Car le « huitième passager » a la fâcheuse tendance à vous pourchasser au moindre soupçon de bruit. Et inutile de rester planqué derrière une caisse ou dans un placard de vestiaire le temps que la menace passe. Votre hôte apprend. Vite. Et retient vos pseudo tentatives de lui échapper. Bouger continuellement sans faire un bruit, la peur au ventre et le détecteur à la main seront votre seule et unique ligne de conduite. Au risque de vous voir empaler par une queue de xénomorphe qui n’en demande pas tant (et c’est pas votre futur lance flamme qui va y changer quoi que ce soit). Ce serait presque plaisant de se sentir de nouveau vulnérable.

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A contrario, les missions sont on ne peut plus redondantes et manquent vraiment de différence entre elles. Aller chercher tel objet ou accompagner tel PNJ, trouver une manière alternative de débloquer un accès à une partie de la station Sebastopol tout en évitant soigneusement de vous faire remarquer par qui vous savez. Vous aurez quelques collectibles à débusquer pour en apprendre un peu plus sur l’histoire mais rien de bien palpitant en soi.

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S’y ajoutent quelques bugs assez fâcheux qui nécessitent ni plus ni moins que de relancer la dernière save. Il n’est pas extraordinaire de vous retrouver péniblement coincé dans le décor, à chercher si vous n’êtes pas tombé dans un trou. Mais non, vous venez juste de vous confondre avec votre environnement. Certains contrôles aussi paraissent pour le moins étrange. Par ex, pourquoi est-ce que les concepteurs n’ont pas associé la course à une gâchette plutôt que de devoir appuyer sur R3 ?

Au final, à l’ère des Call of Duty Advanced Warfare et de la puissance du marketing associée, il sera compliqué pour Alien Isolation de se faire une place dans l’enfer des FPS d’aventure (cherchez pas, je viens d’inventer cette catégorie hybride). Et c’est bien dommage. Parce que là où vous enchainerez ad nauseam les death matches sur une énième itération d’un COD insipide, à Sebastopol, vous raserez les murs. Au pas. Désarmé. Impuissant. Le trouillomètre à zéro. Et ça faisait bien longtemps qu’un jeu n’avait pas eu autant d’âme à mes yeux.

Les plus :

  • enfin, un jeu Alien qui respecte les origines de la saga !
  • le challenge dû à la toute puissance du xénomorphe.
  • le prix abordable sur « ancienne génération » (on se demande toujours pourquoi il y a des versions next gen).

Les moins :

  • les bugs fâcheux nécessitant de recharger une sauvegarde.
  • les missions plutôt redondantes.
  • la lenteur du cheminement (à mettre en relation avec le gameplay du jeu).
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À propos de JackmLantern

https://jevisdhauts.wordpress.com/

Publié le 11 novembre 2014, dans Test, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Magnifique Test, qui ne crache pas à la force du jeu comme les 3/4 des papiers que j’ai lu… Tu es mort à priori souvent, mais tu n’es pas frustré pour autant. Ce jeu est en prévision de mon côté, et j’ai déjà prévu la salle noire et le casque sur les oreilles ^^

    • Ah ça pour être mort, je suis mort plus d’une fois. Mais du coup, on se surprend à y retourner quand même et à essayer de trouver une solution alternative. En sachant que ça restera forcément aléatoire vu que l’alien retient notre cheminement.

      Franchement, ça change et c’est pas plus mal ! 🙂

      Merci pour le commentaire 😉

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