[Test] Retro City Rampage

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Il est temps de sortir de la léthargie des fêtes de fin d’année et quoi de mieux pour débuter 2013 qu’un jeu aux accents rétros. Ca tombe bien parce que le bébé de Brian Provinciano vient (enfin) de voir le jour dans nos contrées européennes. Après des reports à n’en plus finir (pensez donc, Retro City Rampage devait arriver après l’E3 2012…), le jeu est sorti sur toutes les plateformes dématérialisées possibles (sauf pour le Wiiware mais ça ne saurait tarder).

L’attente en valait-elle la peine ? Le rétro n’est-il qu’un obscur argument de vente pour les nostalgiques de l’époque 8 bits ? Insert a coin and jump in !

Sur le plan strictement chronologique, on ne peut pas dire que Retro City Rampage n’a pas eu le droit à un développement minutieux. Si on en croit le wiki, tout remonte à 2002 et un homebrew développé par Provinciano qui cherchait à reproduire un Grand Theft Auto III au format 8 bits. Alors certes, le bonhomme s’est attelé longtemps seul à la tâche mais l’attente aura été on ne peut plus longue. D’autant plus, que le pitch du projet était réjouissant pour tous les retrogamers qui avaient envie de renouer avec les heures glorieuses du pixel et du chiptune avec un peu de testostérone.

Retro_City_Rampage_provinciano

Légitimement, tout ce retard interroge, pose question comme dirait l’autre. Et c’est un peu fébrile qu’on lance l’application, de peur de se retrouver avec un énième nanard, vendu à grands coups de marketing et estampillé « rétro » pour attirer tous les trentenaires et quadras dans ses filets de nostalgie vidéoludique.

Graphiquement, on a le droit à des pixels à la sauce 8 bits mais l’aspect général est assez malheureux : couleurs criardes, limitées à du jaune/orange, du vert et du bleu rendant la lisibilité plus que moyenne (les vrais jeux 8 bits ont plus d’harmonie avec aussi peu de couleurs), la présence de très (trop ?) nombreux éléments à l’écran accentue le sentiment de petitesse de l’ensemble. Certes, le jeu est jouable sur PS3 mais sauf à vouloir saigner des yeux, Retro City Rampage semble plus adapté à la Vita d’un point de vue confort visuel.

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Après, peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. Surtout pour les amoureux des pixels. Hélas. Le jeu n’est qu’un galimatias de références « geeks », assorti de petites missions éclair sans grand intérêt et dénué d’une structure scénaristique cohérente. On enchaine sans trop savoir ce qu’on fait, si ça s’insère dans une quête principale ou dans une des très multiples quêtes annexes du jeu. Les contrôles sont minimalistes et sont souvent associés aux missions à réaliser. Rien de bien palpitant en somme. Comme on joue à un ersatz de GTA, on est amené à conduire des véhicules régulièrement mais la physique laisse à désirer. Sans parler des phases de gunfights plutôt brouillonnes.

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Et on se retrouve pollué d’innombrables références. Entre The Dark Knight, Back To The Future pour le cinéma, en passant par Frogger, Punch Out, TMHT et consorts pour les jeux vidéos, on a l’impression de feuilleter un de ces mauvais livres pour trentenaires nostalgiques, sans queue, ni tête, sans aucune cohérence. Juste un catalogue de souvenirs qui n’appuient pas du tout la trame du jeu. On a la sensation que chaque séquence de jeu doit avoir son lot de références. Et c’est sans compter sur une autre pollution, très irritante : les fautes de syntaxe et d’orthographe. C’est à se demander si le portage français n’a pas été fait avec Google Traduction.

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Au final, quelles conclusions tirer de Retro City Rampage ? Ca pourrait se résumer en un mot : décevant. Peut être que l’attente très longue et par conséquent, l’espoir de voir aboutir un jeu bien ficelé peuvent expliquer cette critique négative. Mais ça serait prendre cet échec par le petit bout de la lorgnette. A trop vouloir rendre hommage aux références qui ont bercé l’enfance des joueurs nés dans les années 70-80, VBlank et Provinciano ont oublié le principal : le jeu. En même temps, on aurait pu s’en douter. Avec un tel titre qui accole sans lien des références, un personnage principal qui se nomme « player » (sigh), c’était déjà mal parti (comment ça, du mauvais esprit ?!?).

Retro_City_Rampage_04

A plus de 11€, vous pouvez allègrement attendre une baisse substantielle de prix ou essayer uniquement la démo. D’autres jeux du PSN méritent largement plus votre attention (The Cave, pour ne citer que lui).

Les plus :

  • pas de réflexion, de l’action !
  • des références « geek » nombreuses
  • l’aspect 8bits/pixels de l’ensemble

Les moins :

  • un jeu sans queue ni tête : aucune trame scénaristique cohérente
  • un gameplay largement perfectible
  • les fautes d’orthographe et de syntaxe inadmissibles après autant de temps de développement
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À propos de JackmLantern

https://jevisdhauts.wordpress.com/

Publié le 31 janvier 2013, dans Test, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. J’aime ta façon de communiquer ta déception.
    Quoi ? Il suffit de s’absenter deux semaines pour que l’on finisse pendu à une éolienne. ça fait froid dans le dos. 😉

    • Aaaah ! On t’a retrouvé. Oui, c’est très décevant comme jeu. Je ne sais pas si tu as la chance de le tester mais il vaut mieux télécharger la démo plutôt que le jeu dans son intégralité.

      Sinon, ne fais pas de mal aux éoliennes, elles n’y sont pour rien. Au plaisir de te lire de nouveau 😉

  2. La chance de le tester…. J’aime ton ironie. Après t’avoir lu, j’ai de moins en moins envie de m’y risquer. On se retrouvera peut être avant le 22 février (c’est la date fatidique à ne pas dépasser pour que mon compte Twitter ne soit définitivement supprimé). Je prends juste des vacances de Twitter. Je suis retourné à mes premiers amours, mon blog.

  3. J’ai testé se jeu et je l’adore, il est trop génial!

  4. Encore un super article! Je lis de plus en plus les articles de ton blog… ils sont top! bravo et bonne continuation. Slevin

  5. ouaip, la version pc ne s’en tire pas mieux, ça sent le bricolage et la référence gratuite. L’intention de départ pouvait être louable et honnête mais le résultat ressemble à un appeau à geek mal dégrossi.

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