[Test] Catherine

Voila un jeu qui a fait beaucoup fantasmer la communauté gamer depuis sa sortie japonaise et américaine en 2011. Il faut dire que le teasing opéré par Atlus a mis un accent assez prononcé sur la dimension érotique du jeu. Et ce ne sont pas les screenshots qui sont là pour me démentir.

Initialement absent de la liste d’achats 2012, c’était sans compter sur le D.ieu du jeu (et son messager sur Terre, IG Magazine) grâce auquel une copie gratuite m’est parvenue après avoir remporté un concours. Quelques heures de jeu et de cauchemar plus tard, retour sur cet OVNI vidéoludique.

Si une importante proportion de jeux actuels brillent par l’indigence de leur scénario, concernant Catherine, il s’agit d’une composante majeure. Vincent Brooks, jeune trentenaire, vit dans l’insouciance la plus totale entre son histoire avec sa petite amie depuis quelques années, Katherine McBride, et ses amis du Stray Sheep, bar où il noie chaque soir ses états d’âme dans des alcools divers et variés. Si l’histoire s’en limitait là, on pourrait dire qu’on est dans la situation banale de beaucoup de trentenaires (un peu alcooliques quand même, pour le coup).

Mais voilà, toutes les bonnes choses ayant une fin, Vincent est pressée par Katherine de passer à l’âge adulte ce qui ne se fait pas sans mal, avec la possible arrivée d’un bébé. D’autant plus qu’une blondinette affriolante (Catherine) vient semer le trouble dans cette vie bien rangée en amenant celui-ci à se lancer dans l’aventure de l’adultère. Ajoutez à ça que, dans les environs, des trentenaires sont retrouvés morts dans leur sommeil sans aucune explication et il n’en faut pas moins à notre héros pour faire des cauchemars toutes les nuits.

Tout le gameplay réside dans ce triptyque. On va donc répéter jusqu’à la rédemption (ou pas) de Vincent les 3 mêmes phases : le bar avec les potes à boire plus que de raison, à deviser avec les différents clients de leurs problèmes respectifs, à répondre aux coups de fil et aux sms (avec quelques parties sur la borne d’arcade du coin : « Rapunzel »), les rendez-vous voulus ou non avec Katherine pour parler de l’avenir et Catherine pour parler du présent (bien souvent à l’horizontale) et la phase de jeu où l’on va passer le plus clair de son temps : celle où Vincent dort et cauchemarde. Et nous aussi.

Autant être clair de suite, la difficulté est – largement – au rendez-vous. Le concept est pourtant simple : il suffit d’arriver en haut du mur de cubes en tirant/poussant/explosant/glissant/… ces derniers pour vous créer le chemin vers le réveil et donc la fin du cauchemar. Ca, c’est sur le papier et ça semble plutôt à portée de main.

Sauf que.

Sauf que in game, c’est une autre paire de manches. On retrouve le joyeux esprit du die and retry et l’apprentissage par coeur des séquences réussies, comme à la bonne époque des jeux de plateformes sur 8 bits (Megaman et ses patterns à mémoriser, par exemple). Mais, pas de temps pour étudier le terrain car il ne s’agit pas de lambiner. Les étages inférieurs ont, en effet, la fâcheuse tendance à disparaitre au fur et à mesure que les secondes s’égrènent, rapprochant d’autant plus votre étage du fatidique « Love is over ».

C’est à la fois un point fort et un aspect négatif du jeu. Point fort en ce sens où l’on a oublié avec les générations actuelles de consoles ce qu’est la difficulté. Hormis certains jeux un peu à la marge, le plaisir du joueur est tellement privilégié que le jeu ne sanctionne plus la mauvaise manipulation et permet de revenir rapidement sur les lieux de son échec, sans même s’en rendre compte. L’aspect négatif est que la difficulté peut rebuter bon nombre de joueurs tellement la frustration est importante sur certains niveaux (pour l’essentiel, ceux des boss).

Pour le reste, chaque succès renvoie à un nouveau réveil puis un nouvel évènement dans la vie de Vincent, une nouvelle incartade avec Catherine et une nouvelle nuit accompagnée de son nouveau monde de cauchemar fait de cubes.

Tout cela pourrait être bien redondant. Mais le Studio 4°C livre un jeu magnifié par le travail graphique de Shigenori Soejima. La direction artistique nous permet d’évoluer dans un anime de qualité et le character design est plutôt bien senti et dans l’air du temps. Certains gros plans de Vincent renvoient à certains personnages de Miyazaki aux yeux globuleux et au strabisme accentué.

La folie ambiante, la tension dans laquelle vit le personnage central, les questions existentielles qui parlent forcément à une frange importante des trentenaires et la volonté de savoir comment Vincent va bien pouvoir se tirer de ce guêpier dans lequel il s’est fourré tout seul comme un grand permettent de maintenir l’envie d’aller se faire punir sur un énième casse-tête.

Au final, c’est un exercice réussi pour ce jeu atypique, même s’il demeure, à mon sens, réservé à un public averti.

Les plus :

  • un univers adulte sublimé par une direction artistique irréprochable
  • le retour à une certaine vision du jeu vidéo (difficulté, game over, univers adulte)
  • un OVNI parmi les productions actuelles

Les moins :

  • la difficulté parfois – très – frustante.
  • la redondance de l’exercice
  • certains angles de vue impossibles dans les phases d’ascension.
Publicités

À propos de JackmLantern

https://jevisdhauts.wordpress.com/

Publié le 19 mars 2012, dans Test, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. 6ème nuit, je suis totalement sous le charme du jeu. J’ai la chance pour ma part de percevoir les défauts que tu énonce comme des qualités pour le titre, ça fait longtemps que je n’avais pas eu à me creuser la tête pour savoir comment passer ce put**n de passage à la c*n. Non vraiment, je pensait pas que le genre du Puzzle game pouvait avoir également une histoire aussi soignée qui prend aux tripes (avouons le, Vincent mérite d’être sur le podium de VieDeMerde). Test sympathique à lire, je t’avoue l’avoir lu avec méfiance de peur d’être spoilé :p

    • J’aurais prévenu en cas de spoiler 😉

      Pour le point négatif/positif, c’est selon. Pour ma part, en tant que retrogamer qui a connu l’âge d’or de la plateforme, c’est plutôt un point positif qui donne envie de s’y remettre. Et de se casser les dents. Pour un puzzle game, c’est une franche réussite.

      Mais je comprends que ça puisse fruster une grande part des joueurs actuels.

  2. chouette article qui souligne bien les qualités du jeu, son originalités et ses défauts mais qu’on peut voir il est vraie comme des qualités ma foi je l’ai pas encore essayé a voir si déjà j’accroche au mécanisme du jeu en tout cas j’ai vraiment bien envie de m’y mettre

    • C’est au moins à tester. Après si on aime les puzzle games et un univers plus adulte, je pense que c’est ce qui se fait de mieux sur le marché actuellement. 😉

  3. Je vais pour ma part commencer demain je pense. J’ai hâte !

  4. Intéressant ce jeu, ça fait plusieurs fois que je passe devant sans l’acheter et finalement je vais peut-être me laisser tenter. Merci pour ce test ! 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :